Le week-end dernier, je fouillais dans des box d’enfance chez mes parents (opération grand nettoyage, tu vois le tableau) et je suis tombé sur ma vieille PS2. Avec les jeux. Les vrais, dans leurs boîtiers un peu jaunis. Et là, en essayant de faire tourner un vieux Ratchet & Clank, je me suis dit : dans 20 ans, mes gosses (que je n’ai pas encore, mais bref) ils feront comment pour toucher à ces jeux-là ? Sérieusement.
Parce que la question, elle est en train de devenir énorme. Sony a acté la fin progressive du physique sur PlayStation, les jeux disparaissent des stores du jour au lendemain, et pendant ce temps, y a des gens qui essaient de sauver ce qui peut l’être. Franchement, la comparaison est bizarre mais ça me fait penser à d’autres domaines où le numérique remplace tout — quand tu regardes une plateforme comme Alexander Casino, qui est un nouveau casino en ligne, tu vois bien que tout devient dématérialisé, et le jeu vidéo suit exactement la même pente. Sauf que là, on parle d’un patrimoine culturel qui a 50 ans et qui risque de partir en fumée.
Le physique meurt, et personne n’a de plan B solide
L’annonce de la fin du physique sur PlayStation, c’est pas juste une histoire de boîtiers qui disparaissent des rayons Micromania. C’est bien plus grave que ça. Parce qu’un jeu physique, tu peux le stocker, le prêter, le revendre, le retrouver 30 ans plus tard dans un grenier (coucou ma PS2). Un jeu dématérialisé qui disparaît du store ? Bah il disparaît. Point.
Le truc c’est que même les éditeurs eux-mêmes gardent souvent pas leurs propres archives correctement. On a des cas documentés de studios qui ont perdu le code source de leurs propres jeux. Perdu. Genre, effacé, disque dur mort, sauvegardes inexistantes.
Et la musique, on en parle ?
Il y a un chantier qui est en train de démarrer autour de la musique de jeu vidéo. Le Centre National du Jeu Vidéo bosse là-dessus, et c’est pas trop tôt. Parce que les OST de jeux, c’est un pan entier de la culture musicale qui existe nulle part ailleurs que dans les jeux eux-mêmes — qu’on parle de RPG old-school ou d’environnements virtuels immersifs où le son fait partie intégrante de l’expérience. Tu perds le jeu, tu perds la musique. Et vu que le support physique s’efface, tout ce patrimoine sonore est en train de flotter dans un truc qui ressemble à des sables mouvants.
Microsoft joue un rôle inattendu
Alors je vais dire un truc qui va peut-être surprendre : Microsoft, sur ce coup-là, ils font pas mal. Vraiment pas mal. Ils ont commencé à ramener des jeux de la première Xbox sur PC, avec une politique de rétrocompatibilité qui est probablement la meilleure de l’industrie actuellement. C’est pas parfait (tous les jeux passent pas, y a des questions de licences qui bloquent), mais c’est une démarche qui va dans le bon sens.
Perso, je trouve ça hyper intéressant parce que ça montre qu’un constructeur PEUT faire un effort de préservation quand il en a la volonté. C’est pas une fatalité technique. C’est un choix.
Pendant ce temps, à Tokyo
Un truc qui m’a marqué récemment : la fameuse loi « Stop Killing Games », qui vise à empêcher les éditeurs de rendre les jeux injouables du jour au lendemain, a récupéré un soutien massif au Japon. Oui, au Japon. La capitale mondiale du dev vidéoludique. C’est pas rien.
Ça veut dire que même à l’intérieur de l’industrie, y a des voix qui commencent à dire « attendez, on est en train de faire n’importe quoi ». Les développeurs eux-mêmes, ceux qui font les jeux, ils voient bien que le modèle actuel est absurde. Tu passes trois ans de ta vie sur un jeu multijoueur, et cinq ans après sa sortie, le serveur ferme, le jeu devient injouable, et ton travail est effacé. C’est violent.
Le piratage comme seule solution ?
Bon, faut le dire clairement : à l’heure actuelle, une bonne partie de la préservation du jeu vidéo se fait via des canaux qui sont pas exactement légaux. Les ROM, les émulateurs, les dumps de jeux qui existent plus nulle part ailleurs. Y a un expert qui l’a dit récemment de manière assez frontale : les éditeurs refusent de proposer une alternative, donc le piratage devient la seule façon de sauvegarder l’histoire du média.
Je suis pas là pour faire l’apologie de quoi que ce soit, mais factuellement, c’est vrai. Sans les communautés d’archivistes amateurs qui rippent, dumpent et stockent tout ce qu’ils peuvent, on aurait déjà perdu 90% des jeux d’avant les années 2000.
Petit tableau pour situer les enjeux
| Type de support | Durée de vie estimée | Statut de préservation |
|---|---|---|
| Cartouches (NES, SNES, etc.) | 30-50 ans (piles internes fragiles) | Bien couvert par la communauté |
| CD/DVD (PS1, PS2, Xbox) | 20-30 ans avant dégradation | Partiellement préservé |
| Jeux dématérialisés (stores) | Dépend de la volonté de l’éditeur | Extrêmement fragile |
| Jeux service (online only) | Fin des serveurs = fin du jeu | Quasi impossible à préserver |
Qu’est-ce qu’on fait, concrètement ?
Y a plusieurs pistes qui se dessinent, et honnêtement, aucune n’est parfaite. La législation, comme celle qui monte au Japon, c’est bien mais c’est lent. Les initiatives institutionnelles type CNJV, c’est essentiel mais ça touche qu’une partie du patrimoine. Les efforts des éditeurs eux-mêmes (Microsoft en tête) sont bienvenus mais restent isolés.
Et puis y a nous. Les joueurs. Qui pouvons acheter du physique tant que ça existe, garder nos vieilles consoles, soutenir les projets de préservation, et surtout arrêter de traiter les jeux vidéo comme des produits jetables.
Un truc personnel pour finir
Ma PS2, je l’ai redescendue du grenier. Je l’ai branchée sur ma télé (avec un adaptateur péritel qui a coûté une fortune, mais bref). Et j’ai passé le dimanche à rejouer à des jeux qui ont plus de 20 ans. Certains ont super mal vieilli. D’autres sont encore des chefs-d’œuvre absolus.
Le problème c’est que dans 20 ans, quand quelqu’un voudra faire pareil avec la génération PS5, il pourra pas. Parce que la moitié des jeux auront disparu des stores et que sa console dématérialisée refusera même de démarrer sans connexion aux serveurs Sony. Ça me rend un peu triste, en fait.